Alors que l'écologie a le vent en poupe, que sait-on du rapport entre nouvelles technologies, e-commerce et
écologie?
"Avec 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le e-commerce en France en 2006, Internet prend des allures de
vitrine de grand magasin.
La Fevad (Federation des entreprises de vente a distance) répertorie desormais 22 000 sites de vente sur des plates-formes sécurisées – contre 5 800 en 2003. En perpétuelle croissance, l'économie
de l'immatériel prend peu a peu des parts du commerce traditionnel, dans le domaine des produits culturels, du tourisme, de l'habillement et de l'informatique. Selon l'institut Forrester
Research, le e-commerce devrait atteindre 263 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011 sur le marche européen.
A défaut d'être absolument propre, ce nouveau mode de consommation n'est-il tout de même pas
moins nocif que l'économie traditionnelle ? Le réseau ne remplace-t-il pas, par exemple, les étendues démesurées des hypermarchés ? Aux Etats-Unis, les prosélytes de l'Internet évoquent
régulièrement les 3 D : "demobilization, dematerialization and decarbonization".
La "démobilisation" offre la perspective d'une réduction significative de
l'énergie consommée par les transports. La "dématérialisation" laisse entrevoir une diminution des surfaces allouées à la grande distribution, ainsi qu'une reduction de la chaîne de distribution.
Quant à la "décarbonisation", c'est la conséquence directe des deux précédentes évolutions : elle correspond a une réduction des émissions de dioxyde de carbone.
Les bénéfices de l'économie du Net pour l'environnement ne font pour l'heure l'objet que de peu
d'études. "Le e-commerce encourage une personnalisation massive de techniques de production et de marketing a travers les modes de "juste a temps", "juste assez" et "juste pour vous", qui peuvent
réduire la consommation", estiment Daniel Sui et David Rejeski, deux universitaires americains dans une étude menée en 2002.
"L'essor du e-commerce peut réduire le nombre de centres commerciaux et l'espace superflu qu'ils occupent. Cela peut entraîner un démantèlement des centres commerciaux aux
Etats-Unis."
Un rapport de l'OCDE de 1999 estime que la généralisation du e-commerce pourrait réduire de 12,5 % la construction de bâtiments destinés au commerce.
Des universitaires finlandais ont pour leur part tenté de chiffrer l'éventuel gain écologique du e-commerce. Selon leurs résultats, faire ses commissions sur Internet, au lieu de se déplacer,
pourrait réduire de 0,3 a 1,3 % les émissions finlandaises de gaz a effet de serre.
Toutefois, les chercheurs américains MM. Sui et Rejeski mettent en garde contre toute forme
d'idéalisation. "Les potentialités d'Internet en matière d'économie d'énergie sont indéniables, mais il est néanmoins trop tôt pour dépeindre un paysage idyllique de l'impact environnemental de
l'économie digitale émergente. Tout développement positif est potentiellement porteur d'un développement negatif", concluent-ils.
S'il rend l'offre plus souple, le e-commerce crée également de nouveaux besoins. Les internautes consomment désormais nuit et jour et
dépensent plus. Internet abolit également les frontières mais pas les distances. En 2001, Scott Matthews et Chris Hendrickson, deux universitaires de Pittsburg, ont comparé le coût
environnemental des livres américains les plus vendus, disponibles sur Internet et dans le commerce traditionnel.
Si les coûts de distribution par le e-commerce sont moindres, la quantité
d'émissions de dioxyde de carbone émise demeure la même que dans les circuits de vente traditionnels. Le transport par avion qu'induit le e-commerce contrebalance le transport routier de la
grande distribution.
La pollution demeure bel et bien presente sur les autouroutes de l'information.
Extrait d'un article paru sur le site http://www.econologie.com.
Par Claire
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Par Claire
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